Il y a quelques jours, je suis tombé en admiration devant cette manchette : « Le triomphe de l’exofiction »


Il y a quelques jours, je suis tombé en admiration devant cette manchette : « Le triomphe de l’exofiction ».
L’exofiction, quel mot ronflant ! Quel concept indispensable ! Quelle belle trouvaille ! (Forgée en 2013 par Philippe Vasset, débine Wikipédia.) Ce néologisme désigne les biographies romancées : sûr qu’il vient combler une énorme lacune taxinomique. Pensez donc, c’est si neuf, comme matière : ce n’est pas comme si Alexandre Dumas avait écrit « La Reine Margot » au XIXe siècle et Marie-Madeleine de La Fayette « La Princesse de Clèves » au XVIIe…
Ne faut-il pas que la littérature française soit devenue horriblement nombriliste pour qu’un néologisme inutile, conçu comme l’antonyme de l’autofiction, trouve ainsi sa fortune journalistique et, n’en doutons pas, universitaire ? Quelle découverte stupéfiante, en vérité ! La fiction peut prendre autrui pour sujet ! A l’époque où les sciences développent l’exoplanétologie et l’exobiologie, le microcosme germanopratin vient de faire cette révolution copernicienne : un plumitif peut écrire sur quelqu’un d’autre que lui !!!
Ce phénomène n’est pas sans me faire penser à tous ces néologismes inutiles forgés par la cuistrerie didacticule. Tenez, par exemple, l’excipit qui fait florès dans tous nos manuels de lettres, conçu dans les années 1990 comme l’antonyme de l’incipit, et qui remplace insidieusement le terme exact et bien latin, l’explicit… Mais néologisons et publions fièrement notre pédanterie ou notre inculture. Je suis sûr qu’en matière de catégorisation littéraire, la formule a de l’avenir. Nous verrons bientôt fleurir la rétrofiction, la criminofiction, l’érotofiction, la lacrymofiction. Sans doute finirons-nous par avoir besoin d’utiliser le concept tautofictif, pour rappeler au public émerveillé que la fiction est fictive.


Judge Derjudge
septembre 6, 2017

En tout cas j’aime beaucoup vos alt-cliofictions.

Joyeux Drille
septembre 6, 2017

Je ne suis pas certain que ce soit une invention de journaliste, les premières fois où j’ai vu ce mot, c’était chez des éditeurs.

    Raphaël Lafarge
    août 20, 2017

    Les éditeurs… toujours les hérauts de l’apocalypse !

    Joyeux Drille
    août 20, 2017

    Non, pourquoi ? Est-ce différent de bit-lit, young adult et autres créations du même genre ?

Raphaël Lafarge
septembre 7, 2017

Les éditeurs… toujours les hérauts de l’apocalypse !

Joyeux Drille
septembre 7, 2017

Non, pourquoi ? Est-ce différent de bit-lit, young adult et autres créations du même genre ?

Tanguy Habrand
septembre 6, 2017

On est d’accord, c’est stupide, et comme me le faisait remarquer Charlyne Audin, c’était aussi le concept-phare de la rentrée littéraire… l’an dernier. Cela dit, ne pas mettre tous les universitaires dans le même panier, d’autant que Philippe Vasset n’est pas un chercheur en littérature : c’est un géographe et philosophie, auteur Fayard et rédacteur en chef d’Intelligence Online. Le concept est journalistique.

Bran Noircorbac
septembre 6, 2017

Les histoires d’amants trompés, on pourra les appeler sous le terme de cocufiction?

Patrice Lajoye
septembre 6, 2017

On attend avec impatience la science-fiction.

    Jean-Philippe Jaworski
    août 19, 2017

    Conceptuellement trop difficile : pas assez vendeur.

    Judge Derjudge
    août 19, 2017

    Et puis la science ça emmerde tout le monde

    Ketty Avecundé
    août 19, 2017

    Je m’enorgueillis d’avoir écrit une nouvelle d’auto-science-fiction, mais d’habitude, je fais dans l’exo-science-fiction ou l’exo-fantastiction 😀

    Jean-Claude Dunyach
    août 20, 2017

    Moi j’écris des histoires de Troll au boulot. C’est donc de l’autofiction.

    Jean-marc Harang
    août 20, 2017

    Il y a un sacré vivier 😉

Jean-Philippe Jaworski
septembre 7, 2017

Conceptuellement trop difficile : pas assez vendeur.

Judge Derjudge
septembre 7, 2017

Et puis la science ça emmerde tout le monde

Ketty Avecundé
septembre 7, 2017

Je m’enorgueillis d’avoir écrit une nouvelle d’auto-science-fiction, mais d’habitude, je fais dans l’exo-science-fiction ou l’exo-fantastiction 😀

Jean-Claude Dunyach
septembre 7, 2017

Moi j’écris des histoires de Troll au boulot. C’est donc de l’autofiction.

Jean-marc Harang
septembre 7, 2017

Il y a un sacré vivier 😉

Tanguy Habrand
septembre 7, 2017

Pour une définition de Philippe Vasset : http://next.liberation.fr/…/philippe-vasset-de-passage…

Antoine Alligier
septembre 7, 2017

Et pourquoi pas la fictofiction ? Ou l’histoire fictive d’un personnafe fictif ?

    François Maurel
    août 20, 2017

    Vertigineux

    Jean-Claude Dunyach
    août 20, 2017

    Voire même la fictofiction irréaliste, quand en plus ce n’est même pas vrai…

François Maurel
septembre 7, 2017

Vertigineux

Jean-Claude Dunyach
septembre 7, 2017

Voire même la fictofiction irréaliste, quand en plus ce n’est même pas vrai…

Yann Daoulas
septembre 7, 2017

Une fiction est une fiction est une fiction est une fiction.

Remi Mogenet
septembre 7, 2017

C’est les journalistes, en général des fils à papa qui ont fait un peu de science pour avoir le droit d’écrire dans des journaux mais qui n’auraient pas risqué de faire ce métier incertain s’ils n’avaient pas eu des revenus familiaux par ailleurs.

Anne Adàm
septembre 7, 2017

La vraie question est : c’est bankable ?

    Toinon Aion
    août 20, 2017

    C’est fait pour, ça serait dommage que ça ne le soit pas 🙂

Toinon Aion
septembre 7, 2017

C’est fait pour, ça serait dommage que ça ne le soit pas 🙂